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Novembre 2008 : De titeuf à lolita : l’hypersexualisation à la préadolescence

Ce café du genre a eu lieu le mardi 11 novembre 2008.
Il a été animé par Françoise MARIOTTI, Psychologue (compte-rendu rédigé par le GRREM : GROUPE DE RECHERCHE SUR LA RELATION ENFANTS MÉDIAS).
http://jeunesetmedias.blogspot.com/

 

« Françoise Mariotti commence par un exposé rappelant que le concept de « préadolescence » est un concept récent dont les bornes chronologiques sont floues. (Titeuf à 8 ans ? Lolita est pré-pubère). Cette période ne correspond à rien de spécial du point de vue de la psychologie cognitive (c’est « pendant » le stade piagétien des opérations concrètes) ni du point de vue de la psychanalyse (c’est « pendant » le stade de latence où justement la sexualité est moins prégnante). Sur le plan du développement physiologique, on peut constater que les filles ont leurs règles de plus en plus tôt.
Alors que penser de l’hypersexualisation de la pré-adolescence ?
C’est un concept « marchand ». Cela correspond à l’identification d’un groupe de consommateurs pressentis. Cette tranche d’âge a de l’argent de poche et est presciptrice d’achat.
Ce concept est récent (8 ou 9 ans ?). Il cible des demandes et des besoins.
Question : pourquoi vendre de la sexualité à cette tranche d’âge et quels sont les rôles d’homme et de femme qui sont proposés ?
La sexualité fait vendre; quel que soit l’âge. Maintenant les filles ont des jouets qui sexualisent. Autrefois la valorisation du paraître était plus tardive. Maintenant, dès 4 ans on leur vend des trousses de maquillage. Sur investissement de la couleur rose pour les vêtements et la décoration de la chambre.
L’hypersexualisation de la femme objet entraîne les petites filles vers un surinvestissement du paraître. Un des risques est l’anorexie.
Qu’en est-il pour les garçons ? C’est Titeuf qui est le héros d’une exposition sur la sexualité qui a eu lieu à la Cité des Sciences. Ce qu’on fait ressortir aux garçons du corps des femmes : la maman, l’institutrice moche qui a du poil au menton, l’infirmière aux gros seins. Machisme latent. Les filles sont là pour être mâtées.
Un des rites de passage est le passage au collège. Or dès la cinquième les 3/4 des adolescents ont créé leur blog. Pour faire partie d’un groupe on doit partager la même culture.
Quel est l’effet réel de ce phénomène dans les pratiques ? Faut-il et comment contrer cette évolution ? En provoquant une conscientisation du phénomène on fait s’interroger sur ce que cela implique comme rôle de femme. Au Québec des groupes de parents se sont emparés du problème et sont très actifs. Maguy Chailley.

 

Lire aussi, la sexualisation précoce des filles :
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1885